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Le Dollar Canadien accélère sa chute

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Le dollar a accéléré sa chute par rapport au billet vert, plombé par une détérioration du commerce extérieur canadien parallèlement à un renforcement du côté américain. Dans un sens plus large, la décision de la Réserve fédérale d’amorcer un retrait progressif de son assouplissement monétaire exceptionnel poursuit ses effets perturbateurs sur le marché des devises.

Le dollar canadien a clôturé mardi à 92,83 ¢US, en baisse de 1,05 ¢US. Par rapport au billet vert, il revenait ainsi à son niveau le plus bas depuis novembre 2009. Pour sa part, l’euro a gagné près de 1,5 ¢, pour fermer la séance à près de 1,47 $.

Le dollar a poursuivi sa glissade mardi, emporté par de nouvelles statistiques indiquant un accroissement du déficit commercial canadien en novembre. Il est passé à 940 millions, contre 908 millions en octobre, sous le coup d’une augmentation des importations, à 40,7 milliards, combiné à des exportations demeurées inchangées, à 39,8 milliards. De plus, la donnée d’octobre est une statistique révisée, le chiffre original ayant fait ressortir l’inscription d’un excédent de 75 millions pour le mois.« Cette révision a été provoquée par la faiblesse prononcée des prix du pétrole, qu’ils n’avaient pas remarquée le mois précédent, j’imagine, et qui a persisté en novembre », a affirmé Benjamin Reitzes, économiste principal chez BMO Marchés des capitaux, selon les propos recueillis par La Presse canadienne.

Par rapport aux États-Unis, l’excédent commercial du Canada avec son marché le plus important a diminué à 2,8 milliards en novembre, contre 3,1 milliards le mois précédent. Les importations canadiennes en provenance de ce pays ont avancé de 2 % et les exportations au sud de la frontière ont augmenté de 0,6 %, selon Statistique Canada.

« Les statistiques du commerce extérieur au Canada continuent de décevoir, d’autant que notre principal partenaire commercial, les États-Unis, semble avoir réalisé un excellent second semestre en 2013. Cela semble dû en partie à la perte de parts de marché de nos exportateurs, un effet de l’appréciation du huard ces dix dernières années », a commenté Krishen Rangasamy, économiste principal à la Financière Banque Nationale.

« Les volumes d’exportations hors énergie restent donc inférieurs d’environ 15 % à leur pic de 2007, et le déficit commercial hors énergie n’a jamais été aussi élevé, a ajouté l’économiste. Même le grand favori, le secteur énergétique, aux performances habituellement supérieures, semble en difficulté, peut-être à cause du bond de la production énergétique aux États-Unis. »

Aux États-Unis, le département du Commerce a souligné que le déficit commercial s’est de nouveau résorbé en novembre, de 12,9 % à 34,3 milliards $US, sous l’effet conjugué d’exportations records et d’un recul des importations. Les exportations se sont accrues de 0,9 %, stimulées par un bond de 5,6 % des exportations pétrolières, alors que les importations américaines ont reculé de 1,4 %.

Dans un sens plus large, il faut situer la glissade du dollar dans le contexte de la réduction progressive de l’assouplissement monétaire exceptionnel annoncé par la Réserve fédérale américaine en décembre dernier. L’impact de ce nouvel environnement se fait sentir sur le marché des devises, favorisant une sortie des liquidités des pays émergents et des marchés secondaires vers les devises fortes que sont le billet vert et l’euro. Ce mouvement est amplifié par les prévisions d’une accélération de l’activité économique aux États-Unis en 2014 compensant pour une croissance plus molle pressentie dans les principaux pays émergents.

(Gérard Bérubé)

Source : LeDevoir